« "Seigneur, lorsque mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ? Jusqu’à sept fois ?" Jésus lui répondit : "Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à 70 fois sept fois." »
Et c’est à cela qu’échoue le serviteur mauvais. Délié de sa dette, oui. Mais pas encore de sa rancune envers qui lui doit ce trois fois rien. Déjà, il se sait pardonné au-delà de toute mesure. Il a pu en faire l’expérience. Quelque chose, pourtant, lui manque pour faire de même. Et nous voilà au cœur d’un mystère, d’un mystère à méditer : quel est donc ce manque ? Pour ne plus être sans merci ne faut-il pas, tout simplement, être habité d’un merci ? Un pardon donné est inopérant à moins d’être reçu. Et un pardon n’est jamais reçu tant qu’il n’a fait lever au cœur du bénéficiaire une joie, une louange, un émerveillement devant la bonté gratuite de qui lui fait grâce. Jamais, le pardon n’est un exercice comptable.